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Mission CPPR au Népal

Article rédigé par Betty KNOPF.

Qui connait le CPPR ?

Le CPPR (Connaître et Protéger le Panda Roux) est une association loi 1901 qui agit depuis 11 ans pour la conservation du Panda Roux et de son milieu naturel.

Nous participons à de nombreuses journées de conservation, nous tenons des stands dans la plupart des zoos français qui présentent des Pandas Roux et nous intervenons aussi dans les écoles de soigneurs. Toute cette pédagogie et cette sensibilisation du grand public nous permet de faire connaître notre animal fétiche et de récolter des fonds pour nos missions de terrain.

C’est dans ce cadre que la présidente de l’association, Hélène Allaire, et moi-même, Betty Knopf, trésorière, sommes parties au Népal avec l’un de nos bénévoles et membre bienfaiteur Raphaël Lambert.

Direction l’Himalaya pour rejoindre le territoire d’origine de cette espèce arboricole, si unique en son genre.

Prêt pour un petit carnet de voyage ?

Après un report du voyage, dû au Covid 19, nous avons pu fixer notre départ de mission à l’automne 2025. La saison sèche d’octobre à mai offre les conditions optimales pour un voyage plus sécurisant pour les treks en haute montagne.

Le 31 Octobre : direction l’aéroport pour un vol de 11 h avec escale à Koweït. 

Le 01 Novembre : arrivée à Katmandou, capitale du Népal, située à 1400 m d’altitude. Première journée pour prendre nos marques et explorer la ville : visite de temples bouddhistes appelés Stupa et de la montagne des singes Swayambunath avec vue imprenable sur la ville gigantesque.

Le 02 Novembre : visite du zoo de Katmandou. Parc ouvert en 1932, seul zoo du pays, les enclos sont rénovés au fur et à mesure. Quelques espèces emblématiques sont présentées (hippopotame, chimpanzés, tigres et ours de l’Himalaya) et malheureusement les pandas roux ne sont plus là ! Un centre de soin est présent sur le site mais il n’est pas ouvert au public. 

Le 03 Novembre : Raphaël nous rejoint à Katmandou. 

Direction les bureaux de l’antenne locale du RPN (Red Panda Network), l’association américaine avec laquelle nous travaillons depuis 10 ans et qui nous encadre lors de nos missions au Népal. Nous échangeons avec Haris Raï, le coordinateur régional, manageur des programmes in-situ. Nous prenons des nouvelles de Dinesh et Sonam qui nous ont accompagnés les fois précédentes et nous parlons aussi du climat politique perturbé depuis un mois. Haris nous précise qu’il existe un plan gouvernemental pour la protection du panda roux mais que ce n’est pas précis, qu’il n’y a pas de lieu indiqué et pas d’aide financière ni humaine sur le terrain. Concernant la reforestation que nous finançons, il nous informe que les résultats sont satisfaisants et que ce genre de programme permet aussi d’augmenter les ressources des populations locales impliquées (local community) et ainsi d’améliorer leur niveau de vie. Pour 2026, le RPN prévoit de réaliser un échantillonnage dans 34 districts du pays. Nous discutons aussi de nos futures actions communes à mettre en œuvre. Comme toujours nous sommes accueillis avec beaucoup de reconnaissance et de bienveillance.

Direction l’ambassade de France. Nous rencontrons l’ambassadrice qui s’intéresse de près à la faune locale et sa protection. Elle a pour projet de répertorier les ONG françaises qui accueillent des français au Népal pour pouvoir les mettre en relation et aider à partager les connaissances et les bonnes pratiques.

Direction l’hôtel en passant par les magasins pour trouver des chaussures de marche. L’une de nos missions est de participer à l’achat d’équipement pour les gardes forestiers que nous suivons. Nous achetons donc 8 paires de chaussures pour les équipes de terrain.

Le 04 Novembre : Achat de vivres en prévision de la semaine en montagne chez l’habitant. 

Direction les bureaux du SMCRF (Small Mammals Conservation and Research Foundation). Ils nous exposent leur travail sur les mammifères du Népal et leur collaboration avec le gouvernement et les autres associations de terrain. Accueil des plus chaleureux et nous percevons immédiatement leur investissement sans faille et leur détermination à faire évoluer la situation de toutes les espèces dont ils s’occupent (loutre, pangolin, panthère des neige…). Raphaël les rejoindra sur le terrain dans un second temps, durant la deuxième quinzaine de son voyage.

Nous visitons le Patan Durbar Square avec ses multiples temples et animations, ainsi que le musée des arts religieux où des expositions et des cérémonies continuent de faire vivre les traditions et de rassembler les peuples.

Le 05 Novembre : Vol interne avec la compagnie Buddha air. Nous survolons l’Himalaya jusqu’à Nepalgunj. Cette ville limitrophe avec l’Inde offre un climat chaud et humide, étant à seulement 165 m d’altitude ! Pas de vol interne aujourd’hui pour aller à Jumla, nous dormons donc à Nepalgunj, où nous avons l’opportunité de voir des chauves-souris et une végétation quasi tropicale.

Le 06 Novembre : Un tuk tuk taxi nous reconduit à l’aéroport de Nepalgunj et nous volons jusqu’à Jumla à 2382 m d’altitude. Accueillis par Tek Rawat, notre accompagnateur et ami depuis les missions précédentes, nous voilà au cœur des montagnes. Nous passons au siège du KDCSS (association qui relaie les missions du RPN sur le terrain) et préparons les sacs pour rejoindre les familles qui vont nous héberger dans les villages d’altitude. Le voyage en jeep commence, sur les fameuses routes qui sont en réalité des pistes de terre et de cailloux. Nous montons à Patmara (3000 m d’altitude) et dormons dans une maison typique au cœur du village. Pas d’eau courante dans les maisons, mais toutes sont reliées à l’électricité. Nous mangeons dans la pièce principale qui se compose de quelques étagères et d’un poêle à bois autour duquel toute la famille se regroupe pour manger, assis en tailleur. Très convivial et généreux, ce peuple offre à manger à ses hôtes comme à des rois ! Nous ne risquons pas d’avoir faim avant d’aller dormir ! 

Le 07 Novembre : Direction l’école du village. Un grand bâtiment financé par le gouvernement accueille les 100 enfants de Patmara. De 6 à 14 ans, tous les enfants sont scolarisés. Dans ces écoles mixtes, ils étudient en uniformes, souvent assis par terre dehors quand il fait beau. Ici, 8 professeurs enseignent le Népalais, la lecture, l’anglais, les maths, les sciences du vivant et un cours spécifique sur l’environnement ! Les classes comptent généralement 32 élèves ! Nous rencontrons 9 enfants de 12 à 14 ans. Nous distribuons ce que nous avons collecté en France : les cahiers, les crayons, les ciseaux, les livrets de jumelage… en effet le CPPR a pour mission de promouvoir le Panda Roux par la pédagogie, il nous semble donc indispensable d’aider les enfants vivant au sein du territoire des pandas. 

Nous prenons ensuite la route vers Rara, afin de nous rapprocher de notre site d’excursion du lendemain.

Le 08 Novembre : Après un périple en jeep, nous entrons à pied dans un parc national qui abrite de nombreuses espèces protégées et surtout l’un des plus beaux lacs du Népal : Le lac Rara. Situé à 2900 m d’altitude, il s’agit du plus grand lac du pays. Nous observons beaucoup d’oiseaux et dans la forêt il y a aussi des pandas, des lophophores, des mouflons, des ours noirs, des cervidés… que nous ne verrons pas en pleine journée.

Le 09 Novembre : Nous rejoignons le village de Tatopani pour constater l’évolution du site de reforestation déjà visité par Hélène et Alexis notre secrétaire, il y a 3 ans. Nous montons en observant que la déforestation n’a pas cessé sur certains versants. Arrivé au site de reforestation, nous offrons aux 2 gardes forestiers les chaussures achetées à Katmandou, ainsi que des bonnets CPPR. Nous mangeons des graines de Rati, des baies, des noix, sur ce site clôturé afin d’éviter l’intrusion des villageois et de leurs troupeaux. Les pousses de conifères et de chênes verts plantées sur 3 hectares il y a 3 ans ont peu poussé à cause de la chaleur de l’année dernière. Il n’y a pas eu de comptage précis mais ils estiment à 22 % le pourcentage de réussite. Hélène ne ressent pas un grand changement par rapport à sa dernière visite. Les plants atteignent difficilement les 30 cm de haut. Ce site semble peu favorable à la constitution d’un corridor forestier. 

Route vers Budhabada. Nous visitons la serre de 80 m² qui abrite la nurserie de ce village. Cette pépinière alimentera le site de reforestation le plus proche avec des pousses de conifères, de bambous, de chênes, de mil. En effet, il est utile de re-planter des essences comestibles et aussi des essences qui vont reconstituer l’habitat du Panda Roux. Nous dormons chez une garde forestière, qui est la femme du jardinier de la pépinière.

Le 10 Novembre : Au petit matin, gelé mais très ensoleillé, nous partons explorer la plantation sur site. Cette très belle randonnée nous mène sur la clôture des 10 hectares protégés et re-plantés. Plusieurs zones sont repérées par des marquages roses, ce qui permet de segmenter les prises de notes pour affiner les résultats des analyses. Ici, les plans ont bien poussé. Environ 75 % de réussite ! Les essences variées et la situation géographique peu accessible, font de cet endroit un meilleur site de reforestation. Nous sommes ravis de ce résultat et nous montons jusqu’à 3100 m d’altitude pour atteindre la réserve d’eau du site et faire une pause sur le presque sommet du monde ! De nombreux oiseaux nous entourent. Nous fondons beaucoup d’espoir sur ce projet.

L’après-midi, nous partons en patrouille. Ce terme désigne un trek durant lequel les gardes forestiers explorent la zone d’habitat supposée du Panda Roux et note les indices de présence, afin de confirmer la présence de l’espèce et éventuellement faire une estimation de la densité de population. Nous parcourons des paysages variés, très forestiers, avec quelques bambouseraies. Nous atteignons les 3600 m d’altitude. La respiration s’en ressent ! Les gardes trouvent des fèces de Panda Roux et d’ours. Nous sommes bien sur leur territoire ! Cela nous encourage pour la patrouille de demain qui doit durer toute la journée.

Le 11 Novembre : pas de jour férié en montagne, nous attaquons la patrouille sur la zone la plus escarpée. Nous offrons aux 2 gardes forestières qui nous accompagnent les chaussures et des casquettes CPPR. 5 Népalais, 3 français et 1 chien, c’est parti ! Un sentier à flanc de colline encore gelé nous mène à la forêt inexplorée à fort dénivelé. Nous traversons des rivières, grimpons sur des troncs ancestraux tombés à flanc de montagne…nous essayons d’observer les animaux, tout en nous retenant aux branches pour gravir les pentes. Pas de chemin, pas de trace à suivre. Nous avançons dans des zones vierges ! A chaque altitude, une végétation différente se présente : une forêt de conifères, des chênes qui poussent sur les falaises, puis une zone de buissons, ensuite une étendue de bouleaux et de ronces, quelques bambouseraies derrière un vallon en prairie, des grottes pour les ours… jamais vu ça de ma vie !  Ici pas de déforestation, personne ne risque sa vie pour un morceau de bois. Les Pandas vivent reculés de la civilisation. Nous trouvons plusieurs spots de crottes de Pandas, jeunes et adultes, de chacals, de cervidés. Un nid de faisan nous attend sur une falaise, des traces d’ours et de sanglier sont disséminées ici et là. On voit beaucoup de boules de lichen ou d’écorces rousses…mais pas de Panda ! Retour à la nuit tombée. Bilan : les Pandas sont bien là. Ils nous ont vu mais pas nous !

Le 12 Novembre : On part de Budhabada en jeep jusqu’à Surket car il n’y a pas d’avion de Jumla à Népalgunj pour le retour. Une journée complète en voiture pour observer la différence de végétation lorsque l’on redescend vers les plaines. 

Le 13 Novembre : Route de Surket à Nepalgunj puis vol jusqu’à Katmandou.

Le 14 novembre : Achat d’artisanat népalais dans les boutiques de Katmandou. Nous recherchons des articles typiques faits à la main pour les présenter et les vendre sur nos stands en France. Nous trouvons des porte-clés taillés dans de l’os, du thé local, des sacoches confectionnées avec du tissu en chanvre, de l’encens. Vous pourrez découvrir tous ces articles d’artisanat très bientôt ! 

Le 15 Novembre : La mission Népal 2025 touche à sa fin : retour en France après une aventure extraordinaire dans un pays magnifique et des rencontres incroyables.

Vous souhaitez vous investir pour sauver le Panda Roux ?

Rejoignez-nous pour soutenir nos efforts en France (tenue de stand, aide pour créer les supports pédagogiques, soutien financier…) et sur le terrain (mission au Népal, en Inde, au Bouthan…). Toute l’équipe vous attend !

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